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Réfléchissons ensemble

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30 mars 2011

OU EN EST LA LOI DE 1905 ?

 

OU EN EST LA LOI DE 1905 ?

 

EFFETS DE LA PRESENCE DE L’ISLAM EN FRANCE

 

Que se passe-t-il, Monsieur SARKOZY ?

 

                        Depuis de longues années, la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat est l’objet d’efforts de manipulation, de retraitement, de commémoration destructrice. Si on ajoute l’effort sans doute louable de défendre et de promouvoir la laïcité dans les milieux scolaires et autres contre des adversaires qui tendent à provoquer, à travers un prosélytisme habile, une mauvaise conscience, voire une culpabilité, à l’égard des principes républicains, non communautaires de l’état français, sous prétexte de se moderniser dans le cadre d’une démocratie territoriale et participative, locale, familiale, sous l’influence anglosaxone et américaine.

 

                        Dans la ligne de cette stratégie, un ministre de la République, Nicolas Sarkozy, prend les risques de monter aux premières lignes pour miner cette loi protectrice des libertés et de la paix sociale et politique.

 

                        Il en est de cette relation aux religions dites monothéistes possédant une incontestable volonté, non seulement de reconnaissance, mais d’expansion, d’influence, voire d’intimidation. Il en est, pour parler net, de la présence de l’Islam en France et en Europe, et de certaines de ses conséquences de désintégration, de violence plus ou moins feutrée à l’égard de nombreux acquis sociaux dans l’ensemble républicain et laïque français.

 

                        La sensibilité laïque est certes bousculée, caricaturée, pour faire place aux prétendus bienfaits des religions apaisantes, facteur de lien social fondamental fait pour calmer les jeunes, les quartiers, les cités, qui pourraient se nourrir de drogues et de violence (comme dans la relation aux soirées rave…). Il faut limiter les dégâts, disait un temps à ce sujet Nicolas Sarkosy,… plutôt encourager la construction des mosquées et la prière à Allah par la puissance politique… L’orientation est bien connue…, elle n’est pas nouvelle… Mais qui a la commande de cette opération apparemment de gribouille ?

 

                        Pour calmer le jeu social démagogiquement et faciliter la dynamique de théocratisation à l’accéléré, on connaît la faiblesse de certains politiques qui satisfont financièrement une jeunesse revendicative, sous influence islamique et mondialiste, à travers des associations d’éducation populaire… sans concurrence.

 

                        Quand la loi de 1905 est contestée dans ses affirmations premières, «La république ne reconnaît ni ne subventionne aucun culte », que peut-on attendre ?  Tous les débordements et les lâchages, lâchetés, sont possibles…

                       

On pourra ergoter jusqu’à plus soif de la présence islamique en France et de ses rapports avec l’appareil législatif français et de l’éthique républicaine laïque qui a les sens des principes, de l’universel, sans confondre ses perspectives avec la rhétorique de l’immédiat et de la transcendance divinisée.

 

                        En peu de temps, une nouvelle donne paraît s’être consolidée. La « culture » dite des différences intégrales s’essouffle. Les réticences à l’égard des modes de vie apportés par de nouveaux migrants paraissent se développer. Des phénomènes de revendications communautaires tendent à produire en France et en Europe des conflits durs, des violences provocatrices, qui ont pris un aspect inquiétant politiquement, idéologiquement, philosophiquement…

 

                        Indépendamment de certaines bonnes volontés qui continuent à avoir le culte des différences et des diversités sans les clarifier, à dépasser l’attraction des exotismes, des curiosités sur d’autres mœurs, des déceptions, des amertumes se sont constituées ; des mécanismes conflictuels se sont constitués dans un espace de plus en plus géopolitique et destructeur et s’y enracinent.

 

                         En peu de temps, l’Islam est devenu un socle de référence qui orchestre autre chose que des parcours d’assimilation, d’intégration et des pédagogies angéliques d’un autre âge. Tout au contraire.

 

                        Nous avons à faire à une personnalité sociohistorique massive qui s’appuie sur une puissance communautaire, politique, économique, d’envergure, la OUMMA islamique englobante. Nous ne sommes plus au temps des cadres de la colonisation et des nationalismes régionaux.  Le terrain visé est celui d’une conquête, d’une reconquête. Ce qui ne se neutralise plus facilement ! Quant à la République Française et sa laïcité, elle est l’objet d’un désir de déboitement, de réaménagement, de prédation détournée. Une vieille culture dominante, voire arrogante, a tendance à baisser pavillon devant un fourmillement de modes de vie pénétrants qui termitent la laïcité et la loi de 1905. Une mauvaise conscience s’institue avec apparemment l’appui des pouvoirs publics.  Ne s’agit-il pas de comprendre l’autre, d’être traversé par sa fascination avec une certaine haine de soi et comme d’abandon à une future dhimitude ?  Comme si un ex-colonisateur d’un espace d’Islam, en recherchant le dialogue, n’avait plus qu’à faire fondre toute fermeté, celle de la loi de 1905 entre autres, pour faire partie d’une logique de dominé, jouant la carte du démocrate, « croyant sincère », communautariste repenti acceptant en dernier recours la légitimité d’une théocratisation d’importation.

 

                        Mais quel peut être l’avenir de Nicolas Sarkozy politiquement ? Comment peut-on être un défenseur d’un état républicain laïc quand, ministre des finances après avoir été ministre de l’intérieur et ministre des cultes, on augmente les risques du métier, quand on tient à magnifier une vue schématique de l’espérance religieuse en utilisant naïvement, ou peut-être cyniquement, ces croyances religieuses pour faire « vivre la foi » ? Au pas de charge, les croyants les plus fanatisables ! Sans doute s’agit-il de mettre au pas des libertés… ? En bradant les principes de laïcité de référence, en les fondant dans une théologie de grande surface, Nicolas Sarkozy s’associe implicitement à un ordre moral profondément régressif dont on connaît déjà certains aspects sinistres.

 

SOS LAICITE – SOCIALISME ET LAICITE

CENTRE DE LA LAICITE

 

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30 mars 2011

JUSTICE ET SEPARATION DES POUVOIRS

 

JUSTICE ET SEPARATION DES POUVOIRS

 

 

                        Les discours de justice polarisant actuellement l’univers social et politique semblent de plus en plus traversés par des tensions, des questionnements, qui ne semblent pas être l’affaire des spécialistes, magistrats, avocats.  Entre des effets de  manche rhétoriques où des hommes politiques, coqueriquant, déclarent pour apaiser je ne sais quelle opinion : « je fais confiance à la justice de mon pays », et les diverses réactions populaires, populistes, critiques, qui, elles, ne font pas du tout confiance aux procédures, rituels de justice, sanctions, condamnations, mises à distance, longueur du temps judiciaire, plus lourd aux pauvres qu’aux riches, de nombreux cas de figures intermédiaires sont possibles.

 

                        Derrière les jeux de justice, de lourds rapports de force inégalitaires sont en fait légitimés. Le temps long des tribunaux est censé promouvoir (discours bien connu de la justice pacifiante) la sérénité, un ordre public dont nous serions tous bénéficiaires.

 

                        En fait, les turbulences au sein de la magistrature française montrent combien les indépendances proclamées, les séparations de pouvoirs invoquées, les systèmes judiciaires institutionnels, sont traversés, en fait, par des stratégies, des orientations, qui ne sauraient tout à fait masquer le sérieux technique des instructions et des applications de la loi.

 

                        Et que dire de ces lieux de formation où se constitue la jeune magistrature ? Des certitudes arrogantes ?  Des missionnaires d’ordre public et d’ordre moral ? Des doutes profonds sur la dynamique même des magistrats ?

 

                        Et ne serait-il pas quasi emblématique le cri du cœur d’un jeune magistrat après quelques mois d’exercice : « La justice, c’est d’abord fait pour suraplatir les pauvres », qui ajoutera, il est vrai, quelques temps après : « Mais il faut sans doute nuancer… ! ».

 

                        Le temps, l’époque, les inégalités de fortune, le traitement symbolique de la puissance des juges, l’existence du magistrat lointain, réfugié dans son palais de justice, la soumission des magistrats à la loi, les archaïsmes, mythes, fantasmes ambigus sur le juge, le justicier, le juste héros, le bon petit juge, les juges blancs et les juges rouges, voici quelques constituants, parmi d’autres, du spectacle-justice en France. On trouverait sans doute d’autres variantes dans d’autres pays, mais il est fort à parier que le respect de la justice institutionnelle a toujours déclenché chez les individus plutôt des peurs, des inquiétudes profondes, des sentiments d’impuissance, que des euphories libératrices.

 

                        Et pourtant, la justice, avec sa logistique des valeurs tournant autour de la loi, paraît défendre des idéaux que chacun croit trouver en lui-même. En fait, nous faisons tous ce grand écart qui nous fait confondre ces sentiments apparemment profonds du juste et de l’injuste, de l’égal, de l’égalité, avec les appareils bien concrets de la  justice « positive » qui prive de liberté, de biens, des individus, des groupes, « au nom de la loi et de ses vertus (dura lex, sed lex, etc.), alors que chacun peut se faire son petit cinéma intérieur, à la recherche du juste, de l’injuste, de l’équité, en penchant plus du côté de la rebelle Antigone que du « positif » Créon. Comme s’il y avait une fabuleuse richesse pour jouer à la « véritable justice ». En fin de course, il y aura toujours quelqu’un qui essaiera de vous faire comprendre que c’est tout « simple », « qu’est juste, ce qui est conforme à la loi… », donc à ceux qui ont légitimité pour « dire » ces lois et juger de la conformité de nos actes avec elles. Ce qui reviendra, de ce fait, à considérer comme naïves et non pertinentes ces réflexions sur la justice qui prétendent pendre trop de recul à l’égard des faits de la justice institutionnelle.

 

                        De toute façon, il existe comme une résistance incompressible de tout citoyen « éclairé » à fétichiser la justice, à faire confiance… à une sorte de « république des juges » capables d’instruire « le vrai ». Certes, le discours politique de la séparation des pouvoirs subordonne l’institution judiciaire à la commande du législateur et de ses diverses expressions. Mais ce lieu légitime d’enfantement des lois fait également problème. Dans notre rapport aux lois dites « positives », celles qui ont concrètement « force » de loi dans nos sociétés, nous inclinerions à ranger ces lois dans trois catégories sans doute bien sommaires et « naïves » : les lois républicaines, les lois iniques, les lois scélérates. Les lois républicaines, toutes celles qui ont une portée émancipatrice, protectrices des faibles, celles qui se lient à une dynamique s’appuyant sur le principe d’égalité, de connaissance, d’enseignement laïque, de santé publique, de culture non communautaire, lois de laïcité.

 

                        Est-il besoin de souligner que l’effet d’iniquité et de scélératesse d’un certain nombre de lois « positives » ne réside pas seulement dans les conséquences de brouillage des intérêts matériels et autres, qui se traduisent plus ou moins confusément dans la subjectivité des individus et des groupes ? Législateur rendu plus ou moins pervers à travers toutes sortes de ruses, de filtres, visant à consacrer « démocratiquement » la puissance des puissants ?

 

                        Sans doute pouvons-nous défendre et promouvoir par principe une justice républicaine. Unitaire ? Partiellement libératrice et rompant avec des conformismes et des conservatismes sociaux ? Postulant l’indépendance et la professionnalité, intégrité, etc. des magistrats ? Est-ce suffisant ?

 

                        Les abimés des appareils judiciaires réclament sans doute d’autres moyens que l’augmentation du budget de la justice et sans doute autre chose que les fruits de cette « justice au quotidien » qui fait éclater l’espace de référence judiciaire vers la politique municipale et les lobbies et notables locaux.

 

                        Et les maisons de la justice, pourront-elles remplacer les palais de justice et leurs rituels religieux ? En valorisant le local, des essais de médiations bloquées sur elles-mêmes, entre délinquants et victimes, cette justice de reality show ne risque-t-elle pas , à son tour, de se disperser dans des formes de marchandage et de dilution, et dans l’anecdote démagogique, si l’ensemble de ces opérations de justice n’est pas quelque peu surplombé par une exigence d’unité et de centralité ? Parions que, de toute manière, la citoyenneté critique ne saurait se réduire à cette image de « justiciable », d’usager de la justice, de cette idéologie du « cadre de vie », qui paraît être celle d’une certaine magistrature.

 

Jean CROCQ         

 

30 mars 2011

PROFANATION

 

PROFANATION,… BLASPHEME,…

 

ANTICLERICALITE,… ANTIRACISME…

 

                        Si nous élevons le débat autour du blasphème, on ne peut pas ne pas faire apparaître, de nos jours, derrière la  paille apparente du mot, des ramifications de pouvoir totalitaire, l’orchestration de stratégies qui tentent de souder des archaïsmes et des « religioseries » à des problèmes dits d’actualité.

 

                        Ainsi, à propos des passions antiracistes qui se développent à des degrés divers d’activisme, d’engagement sincère et d’opportunisme, dans le cadre d’une vie politique à l’étiage et qui, de temps à autre, carbure à se faire peur pour noyer bien d’autres poissons !

 

                        Ainsi, quand le journal La Croix, plaque tournante du christianisme « libéral », du catholicisme dans le vent, se met à brasser, en mai 1990, l’indignation, l’horreur… devant les tombes saccagées, vandalisées, du cimetière juif de Carpentras, l’expression « profanation » qui a été intégrée quasi religieusement sur une opinion moutonnière, a permis dans le même temps de crier « au blasphème ». Profanation en petites lettres, BLASPHEME en gros corps d’imprimerie, à la une !

 

                        Cinéma (Godard, Scorsese), littérature (Rushdie et tutti quanti), cimetières.

 

                        L’espace blasphématoire s’étend impétueusement, politiquement. Sous couvert d’un racisme omniprésent, diaboliquement pervers, c’est comme si on entendait siffler à nos oreilles des slogans du genre : « Ne touchez pas à la race de ma croyance ! ».

 

                        N’en doutez pas, les prétendus racistes anticléricaux, libres penseurs en tête, sont visés dans leurs propos irrespectueux, profanateurs, blasphématoires.

 

                        Le confusionnisme d’un certain antiracisme bat son plein. N’en doutez pas, les libres penseurs vont tomber sous les coups des lois scélérates sur les « propos racistes » et discriminatoires. Un combat de fond s’est donc livré, et se livre encore, sur le plan sémantique, avec les jeux manipulatoires d’amalgame. « Propos racistes ! »

 

                        Comme si le propos était la substance suffisante du comportement raciste.  A ce propos, combien de petits pères tranquilles incarnant la bestialité nazie ont été d’excellents outils silencieux, efficaces, discrets, pour animer un racisme sans propos… et une Shoah terrifiante empruntant les rituels des bonnes manières.

 

                        De ce point de vue, nous revendiquons le droit inconditionnel de cette liberté d’expression et de conscience qui, s’appuyant sur le principe d’anticléricalité, tient à conserver cette irréductible relation de mémoire et de doute, d’irrespect à l’égard de tous ces dispositifs de croyance, nourris de sacré et de symbolique religieuse, qui tendent à massifier les esprits et à les faire moutonner sous le regard de ces divers sacrificateurs et autres gouvernants prêts à sacrifier, neutraliser, marginaliser, les concrétions d’une libre pensée critique et tendue.

 

Jean CROCQ

         

 

30 mars 2011

RALLIES, TRANSFERES, FELONS

 

RALLIES, TRANSFERES, FELONS,

 

TRAITRES, TRADUCTEURS, REALISTES

 

PRAGMATIQUES, SPECIALISTES DU

 

RETOURNEMENT  DE VESTES

 

 

                   Comment les appeler, ces humains liquéfiés, modernes, adaptés, cyniques, termites, ceux qui changent de crèmeries à la moindre alerte, difficulté, et qui prétendent faire carrière en s’adaptant à la réalité : air connu, en surface et en profondeur.

 

                   De l’opportunisme banal, mais ils sont trop nombreux dans la place pour penser qu’en sifflant ainsi le même air de circonstance, ils vont refonder, moderniser quelque chose. Il faudra donc sans doute dépassant l’air du folklore commun et satisfait.

 

                   Pour ne plus participer, pour la refuser, cette misère politique d’envergue dont nous avons honte et qui paraît attaquer le noyau de nos convictions, rejoignez…

 

SOS LAICITE

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29 mars 2011

LA NORMANDIE DOIT SE SOUVENIR

 

LA NORMANDIE DOIT SE SOUVENIR

 

DE SES ENFANTS

 

                   La branche viroise de l’Association départementale des Victimes Civiles de Guerre du Calvados a tenu son assemblée générale le dimanche 14 mai au matin, salle du petit marché, sous la présidence de Louise Minette, accompagnée du vice-président virois Guy Lebesnerais et en présence d’une trentaine de personnes dont le maire de Vire. Une assistance d’ailleurs majoritairement féminine.

 

                   L’association, fondée en 1945 par Maurice Minette (décédé des suites de ses blessures de guerre en 1955) et qui a rassemblé jusqu’à 4 000 adhérents, n’en compte plus qu’une centaine !

 

                   Lors de cette réunion, Louise Minette, qui a 86 ans et quelques problèmes de santé, a invité… sans être entendue, les adhérents à songer à sa succession. Dans son discours, elle a surtout insisté sur le désarroi dans lequel les Victimes Civiles de Guerre se sont trouvées en apprenant que les anciens combattants et victimes de guerre auraient désormais à traiter avec un secrétaire d’Etat chargé des anciens combattants… « tout court ».

 

                   Jean Crocq, délégué à la mémoire, a enfoncé le clou en soulignant « qu’on veut quelque peu effacer le fait qu’en Normandie, la région des villes bombardées, la Seconde Guerre Mondiale a fait énormément de victimes civiles ». Et d’ajouter, « bien sûr, il y a eu Omaha Beach mais il faut aussi se souvenir de tous ces jeunes normands des villes morts sous les bombes ».

 

                   Il a également regretté que le Mémorial de Caen, situé dans la « capitale bombardée d’une région bombardée », n’évoque « qu’en creux » les victimes civiles normandes de la guerre. Pour lui, la Normandie doit se souvenir de ses enfants, « n’en déplaise, peut-être, aux Britanniques et aux Américains ».    

 

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29 mars 2011

PHILOSOPHIE ET LIBRE PENSEE

 

PHILOSOPHIE ET LIBRE PENSEE

 

                        La Libre Pensée, l’organisation, l’association Libre Pensée, se présente comme un mouvement philosophique populaire. Mais qui dira la nature contradictoire des relations entre le « populaire » et le « philosophique » ?

 

                        On peut certes choisir une position démagogique qui consistera, d’entrée de jeu, à affirmer que la substance du peuple ne saurait être détachée de la vérité, d’un savoir vrai englobant de type philosophique. Mais, si cette postulation idéologique et fétichiste stimule er rassure les militants, elle ne saurait nous dispenser d’une esquisse d’analyse. Non, l’activité philosophique ne va pas de soi. Elle est plutôt un ensemble d’opérations de déracinements à l’égard des familiarités et des « clartés » apparentes. Loin de nous la mythologie de l’enracinement de la philosophie dans le bon terreau populaire. Ainsi, l‘activité philosophique critique, méthodique, dialectique, ne va pas dans le sens du poil ! Ce n’est pas une question d’opinion publique majoritaire. Spontanément, la massivité populaire ne produit pas de philosophique accordé à des exigences de rigueur et de pensée rationnelle, à moins de sombrer dans l’obscurantisme à l’allemande où le mot philosophie désigne une « certaine vision du monde » (Weltanschauung), n’importe laquelle, une « Culture », une forme de « l’esprit du peuple », d’un peuple de « Volkgeist » dont les effets pratiques de fanatisme paranoïaque et destructeur orchestrés  par des conducteurs de peuple dans l’axe de l’histoire et du « vrai » peuple nous sont bien connus. 

 

                        Certes, cette philosophie « populaire », un je ne sais quoi de plus ou moins volatile exprimant confusément (une vision de… quand le mot vision désigne tout aussi bien la logique objectivante du plus précis de nos sens, la vue que la bouillie hallucinée des visions à la Jeanne d’Arc…) une « sensibilité ethnique » (sic) ne trouve pas toujours dans les environs immédiats des interprètes excités, fascinables et nazifiables.

 

                        Et on peut sans doute imaginer des philosophies – visions du monde molles et tranquilles – quand le mot philosophie est un substitut tout aussi décoloré du mot CULTURE lorsque ce dernier renvoie aux formes affaissées de la vie sociale, où la pensée critique et rationnelle n’est pas de mise.

 

                        Mais, de toute façon, philosophie dure ou philosophie-édredon, le peuple paraît avoir le bon dos, quand il s’agit de lui glisser, en douce ou violemment, une philosophie adéquate censée représenter ses intérêts, ses passions, ses idéaux, sa « pensée ».

 

                        Devant cette manipulation plus ou moins subtile de la matière philosophique par les gros pouvoirs, on peut sans doute penser que, pour échapper aux traquenards du « mensonge local », il existe une place stratégique occupée par une Libre Pensée résistante refusant de jouer le jeu de ces philosophies-là et de ce peuple-là !

 

                        Mais qui dira les difficultés qu’éprouvent les « libres penseurs » à manier les langues philosophiques quand ceux-ci, par ailleurs, sont travaillés par ces idéalistes « intelligents » et autres jésuites et dominicains ?

 

                        Comment, alors, populariser la pratique rationnelle et critique des langages philosophiques quand le champ philosophique est occupé solidement par l’adversaire idéologique ? On comprend la réticence des libres penseurs qui, derrière l’étiquette philosophique, pressentent le souffle et les incantations des sirènes cléricales.

 

                        Et pourtant, quels que soient les dangers à entrer dans le champ de manœuvres discursives philosophiques où nos adversaires verrouillent et désorientent la communication philosophique. Il apparaît de plus en plus nécessaire d’augmenter la compétence philosophique des libres penseurs pour ne pas déserter une zone de l’activation des idées où nos positions se sont indiscutablement affaiblies.

 

                        Ce travail est un travail de fond. Il n’est  pas seulement d’histoire ni oratoire. Bien que certains « libres penseurs » soient plus légitimement portés aux approches historiques, avec ces bonnes références commémoratives, symboles de nos luttes, signes de reconnaissance, il est sans doute venu le temps de faire plus qu’un « populisme » de pensée.

 

                        A l’un de nos congrès, on pouvait entendre, sans doute dans les coulisses : « Enfin, d’abord, la libre pensée, faut que ça pense ! ».

 

                        Et soyons convaincus que, si le combat philosophique n’est pas mené avec plus de rigueur, avec la connaissance actualisée de tout ce qui tourne autour des savoirs philosophiques et scientifiques, et l’usage pervers et clérical de ses savoirs, la Libre Pensée risque de moudre trop souvent des formules rhétoriques incantatoires. Signe des temps dont se réjouiraient nos adversaires.

 

                        Nous ne sommes d’ailleurs pas faits pour crier, devant cette perspective : « Ah, les beaux jours ! ». Et les « beaux jours », est-ce qu’il faut les envisager à partir de je ne sais quel Samuel Beckett pervers saluant ainsi, paradoxalement, le monde de l’obscurantisme ?

 

                        Des décennies occupées à caricaturer, ringardiser le rationalisme, le positivisme, le matérialisme, à décentrer la pensée de son noyau de tension rationnelle, d’exigence d’universalité, porteront-elles leurs fruits pour susciter la mauvaise conscience chez les libres penseurs qui devraient apprendre la modernité : « les figures de la raison ont changé ! » ? Mais on aura beau essayer de culpabiliser les libres penseurs de leurs vilaines manies de l’Universel, alors que l’adversaire tient à vous séduire et à vous convaincre que la « réalité » est « locale », suite de petits milieux quotidiens où il fait bon vivre dans le convivial, la communauté !

 

                        Cet appauvrissement du régime philosophique actuel est certes bien connu.  Vers un journalisme des idées qui joue superficiellement à la phénoménologie avec quelques zestes de Heidegger, de Nietzsche, d’éclectisme charriant les langages du corps, de prophétisme sacrificiel, de catastrophisme mystique, et les projets d’atomiser et de disperser les discours sociaux et politiques porteurs d’une certaine dangerosité critique pour moderniser toute une tradition de consistance philosophique, le terrain philosophique s’ensable et s’émiette…

 

De Jean-Paul Sartre à Michel Serres, en passant par Michel Foucault, Jean-François Lyotard, pour ne citer que quelques repères, l’axe humaniste à visée universaliste, fécondé par une raison unifiante, totalisante, est renvoyé au magasin des accessoires pour faire place à un chatoiement plus ou moins confus des « cultures » différenciées où les adhésions par croyances, par projets, par profondeur inconsciente paraissent réaliser  la « véritable richesse humaine ». 

 

Et ce mouvement de déstabilisation du « pauvre et sec rationalisme » trop proche du modèle des « Lumières » du 18ème siècle, trop potentiellement révolutionnaire a assez de vigueur pour introduire de la « mauvaise conscience » chez un certain nombre de rationalistes contemporains. Songeons à l’évolution d’un Jean-Pierre Vernant qui, « rationaliste convaincu », analyse sans doute fort finement les problèmes  de la connaissance et de ses stratégies dans la Grèce antique, remet en question et à juste titre la mystification d’une raison harmonieuse pour aboutir à un assez curieux polymorphisme de la raison.  A chaque société, sa « raison », sa logique, son ordre, son système…

 

Ce culturalisme différentialiste (anthropologie américaine + germanie philosophique) capitalise de plus en plus sa nocivité idéologique.

 

Libres penseurs, mal embouchés et barbares, mal ouverts aux autres, aux identités culturelles, nous refusons ces dogmatismes populaires. La solution ? Pratique, technique, idéologique. Reconnaissons que la Libre Pensée n’occupe pas dans le champ philosophique actuel, dans le débat d’idées, la place qu’elle se doit d’occuper. Autres temps ??? Autres mœurs ?  Allons ! La vitalité philosophique, les dynamismes de « Pensée », sont bien là, sousjacents, mais ils ne se réduisent pas aux bons signes de reconnaissance fraternelle de  penser ensemble des leitmotivs, de bonnes habitudes d’être avec… qui font chaud au ventre et au cœur.

 

La Libre Pensée est une « pensée » à risque, et non une plate pensée (sans doute nécessaire pour faire fonctionner une « communauté » idéologique) ronronnant dans ses slogans généraux et généreux.

 

Or, cette partie de théorie philosophique plus rigoureuse s’est sans doute affaiblie au cours des dernières décennies, facilitant tous les opportunismes, attentismes et autres marais où la véritable pensée démissionne.

 

Nos adversaires ont sans doute facilité termitages, grignotages de toutes sortes de nos positions, de nos thèmes animateurs, entre autres celui de la laïcité… Mais ils n’ont pas constitué cette « néo-pauvreté » de la Libre Pensée.

 

On pourra sans doute regretter cette réticence bien compréhensible de certains libres penseurs à une réflexion philosophique piégée. Mais cette somme de réticences à utiliser plus franchement un outil mal orienté par un système idéologique dont on n’a pas la maîtrise aboutit bien, en fin de course, à une impuissance à assumer un combat d’idées plus frontal.

 

Mais paradoxalement, derrière les mécanismes pervers de « l’appauvrissement » philosophique (relatif) de la Libre Pensée apparaissent des tensions de questionnement plus radical, de novation, de mutation. Que faire pour dépasser les formulations un peu affadies d’un certain rationalisme, dont l’adversaire, en position de force médiatique, supérieur exagère les rigidités ?

 

Bousculer sans doute quelques habitudes. Il est sans doute terminé le temps des illusions où il s’agissait de faire confiance aux grandes organisations, pour « penser juste » et dans l’air du temps… Suivisme et opportunisme, attentisme de bonne volonté, phraséologie oratoire comprenant l’indigence de la pensée, ont été les ingrédients parmi d’autres d’une défaite historique des laïques libres penseurs sans précédent.

 

Compter sur nos propres forces, mais en les déployant correctement, stratégiquement, dans les secteurs où se font des savoirs frais, de véritables compétences philosophiques sans attendre qu’ils se vulgarisent pour être captés par des libres penseurs supposés n’assimiler que des nourritures molles et  « populistes ». Telle apparaît la nécessité non seulement d’une activation philosophique, mais de la survie d‘un mouvement qui doit répondre par des productions réelles (productions écrites, médiatiques…) à un projet de base qui se dit philosophique s’il veut conserver une véritable crédibilité culturelles.

 

Au début du siècle, un certain Marc Sangnier, dans la ligne du christianisme social tonique, musclé et subtil, avait bien compris qu’il fallait rattraper un important retard  pour qu’une « nouvelle génération de catholiques » (« Une méthode d’éducation démocratique » M. Sangnier, p. 29) occupe impétueusement le terrain du « démocratique » et de l’éducation populaire. Mais « l’audace de ses adversaires » (Libres penseurs, laïques de tous poils) qui avaient le vent en poupe avait permis de prendre les devants en habitant les dynamiques positions de la formation sociale, en créant et en développant l’expérience des universités populaires (de 1899 à 1914 en particulier).

 

Les gens du « Sillon », avec leurs cercles d’études et leurs instituts populaires bien conduits par le polytechnicien Sangnier, eurent assez vite fait de combler un retard en s’efforçant de « démontrer (sic) la vitalité du catholicisme et de prouver son opportunité sociale ».

 

On connaît la suite. Les rôles sont inversés, maintenant. Les seules façons de prouver la vitalité de la libre pensée : envisager dans une perspective d’emblée européenne et nationale la constitution d’un réseau d’universités laïques qui n’auront pas mauvaise conscience d’assumer, sans naïveté, l’idéologie laïque à travers un véritable travail de conceptualisation philosophique.

 

Quand un certain nombre de secteurs scientifiques et philosophiques, médiatiques contemporains, sont dans les mains, dans les zones clefs de la production et de la diffusion du savoir, de chercheurs plus ou moins religiosisés opérant cependant dans le domaine public, il ne faut plus rêver et attendre que ça se passe !

 

Faisons autre chose que de bramer à l’injustice du sort, et à l’impérialisme de nos adversaires.

  

Le terrain scolaire n’a plus, quoi qu’on dise, le rôle stratégique qu’il a eu. Il est collé, enveloppé, par le « béton » et l’ensablement médiatique que lui imposent ses filtres et ses contenus. Les « domaines » publics devenus poreux se laissent « sillonner » par des « missions d’intérêt public » qui viennent défigurer nos idéaux de « service public ».    

 

S’adapter aux stratégies de l’adversaire en anticipant non seulement ses coups mais en affrontant, à leur niveau, son travail d’élaboration et de diversion idéologique que produisent les « discours philosophiques » de la maison d’en face !   

 

Nous aurons peut-être à produire dans les mois qui viennent un nouvel imaginaire de la Libre Pensée, ce qui montrera que nous ne nous contentons pas de la surface des choses. Que nous savons remettre en question « clichés », langue de bois, même quand ils nous concernent. Un débat de fond sur nos idées est de plus en plus nécessaire !

 

Et si nous utilisons ce terme « d’imaginaire » (loin de nous cette idée de nous livrer aux archaïsmes des images « profondes » traités mystiquement), c’est que nous avons la conviction qu’il va nous falloir imaginer, avec ardeur et rigueur, de nouvelles pistes pour ramifier, complexifier philosophiquement la Libre Pensée.

 

                                                                       Jean CROCQ

 

    

 

  

 

                         

 

                       

 

                          

 

                         

 

26 mars 2011

LES LOUPS ARBORESCENTS

 

LES LOUPS ARBORESCENTS

 

                   Les arbres ?

 

                   Que ceux qui voient en eux une volière de feuilles passent leur chemin ; il y a mieux à faire avec les arbres qu’en imposant des vols d’oiseaux et de plumes…

 

                   Première opération détergente : libérez les arbres de la présence suspecte, conventionnelle, des oiseaux…

 

                   L’affaire se suspend… Ainsi, vous vous abstiendrez de ne pas prendre votre essor et de n’envisager la moindre becquée, ou becquetée… Ni tire-d’aile touchant l’écorce, ni léger bec distrait sur le moindre mordoré feuillage.

 

                   Ayez, arbres, cette secousse libératrice ! Privez-vous du déluge volatile. Mais quand l’arbre se désensorcelle du poids des rémiges, des duvets et du bric-à-brac à nidification, le loup griffu et arborescent prend heureusement la suite… 

 

                   D’abord dans ces bois-loups, zone de déchets d’arbres tordus et freluquets, des ongles, griffes, ligneux, déchirent les visages comme dans ces mauvaises illustrations de terreur, quand les loups ne cessent de tourner autour des troncs, que les branches, signes, sont autant de gueules lupines, on fabrique ainsi les écorces, hurlements et silences…

 

                   Compost d’aubier d’angoisse, d’attentes de clairières où les arbres naissants mais traqués dans leur germination tentent de jouer du masque et du loup…

 

                   De même, dans ce rêve tentaculaire fait à deux ans quatre mois six jours, traqué, vous étiez poursuivi par un loup ardent, en pleine arborescence… Autour de l’œil d’un étang noir et sirupeux, la poursuite circulaire s’intensifiait et vous aviez dans le dos le bruissement des feuilles lupines, odeur de sève et de mousse, et de sperme à myrtilles.

 

                   Il y eut bien cette baraque grise – planches disjointes, cabossées – où, fuyant un loup, vous donniez la première impression de quêter un refuge. Au fond, accroupi derrière les planches et dans le cadre du silence et d’un vent nul, vous concentriez racines, ramures et énergie lupines.

 

                   La sortie ?

 

                   Vous la supposiez ravageuse, l’arbre et la braise au poing…

 

                   Vous sortiez enfin pour repérer sur la première courbe de l’étang des lueurs d’écailles et de navigation, mais surtout trois loups juchés sur branches bourgeonnantes à hauteur de quatre mètres vingt et deux, genre « Ptitloups » fibreux, mignards, silhouettes d’argile, dans des poses de cachotteries, totems roussâtres au cœur d’aubier.

 

                   Les questions que vous vous posiez en ces heures nocturnes mal soulignées :

 

1)                Comment ces loups ont accédé au vitriol des branches ?

 

2)                Par quel vol intense, quel bond critique, ces loups de nuit sont-ils devenus les yeux bleus des arbres et leur ressort ?   

 

3)                Que ce n’est pas tant les loups qui vous concernent, que l’arbre que l’on garrotte de hurlements, de curiosité fauve, que cette base lupine qui s’enracine et se ramifie vous regarde bien en bordure d’étang !

 

4)                Qu’un loup branchu (l’enfer des branches…) est au départ des eaux et des cendres, que tout arbre est prêt à décocher des angoisses lupines, à faire pleuvoir des nichées de triangles d’observations lupescentes…

 

Ainsi, la déglutition sera rapide. Un petit chemin noir bordé de haine et d’écorces, et de chèvrefeuilles… s’emplit du bruit des mâchoires dévoreuses de sève et de rameaux, de désir d’attente, d’arbres maquillés comme quatre. Des têtes laineuses oscillent de droite à gauche sous le fouet d’un vent d’égout qui salive son crachin gris.

 

Des éclats brûlants tombent dans de sauvages cours intérieures, plus têtus que mille loups, que mille totems de fureur.

 

De cette ville bombardée, dont les branches, un seul îlot d’arbres est épargné, l’îlot sanitaire qui conduit à la morgue et aux salles d’opération. Des troncs, des cimes, de bordées de feuilles et de racines, d’effroi de plâtre, et de sang bu, hurleurs.

 

                                                                           Jean CROCQ   

 

 

 

25 mars 2011

MENACES DES MAUVAISES ODEURS

 

MENACES DES MAUVAISES ODEURS

 

ET DE CEUX QUI LES INCARNENT

 

 

On nous annonce que Jean CROCQ, philosophe, sémiologue, journaliste free-lance et écrivain a été chassé d’une soirée organisée le 22 mars à 22 heures par ATTAC et consacrée à « la banque et nous », à Paris 12ème, 3 rue Aligre, salle du CLA (Commune Libre d’Aligre).

 

Raisons ? Il ne disait rien mais il puait, ronflait, il avait une allure de SDF. Vox populi !

 

Notons que Jean CROCQ ne boit pas, ne fume pas, ne se schoote pas… et qu’il est doté, habituellement, d’une parole fatigante qui ne fait pas plaisir…

 

Evénement à suivre… ?

 

24 mars 2011

CULRURE ALZHEIMER

 

CULTURE ALZHEIMER

 

            Quand on essaie de valoriser la folie ou le fou, il y a comme une jeune vitalité dans l’air, du chaos, du tonus traversant les comportements, les corps et les langages, une ferme explosion de juvénilité, de forces aberrantes à la jointure de l’enfance et d’un univers revigoré qui peut, dans certaines conditions, jouer sur cette folle liberté turbulente.

 

            Dans la mythification rôdant autour de la folie, le neuf, la nouveauté, le soudain… paraissent faire partie des meubles, des bonnes associations qui permettent d’accorder à la folie, sous-catégorisée ou non, d’avoir substance et vie et comme un avenir culturel.

 

            Certes, le « jeune fou » passe plus facilement nos seuils que le « vieux fou ». Est-ce parce que le noyau dur de la folie est intrinsèquement  « jeune », soleil de forces naissantes, éclat n’ayant pas le temps de se ternir ? Est-ce parce que le nœud substantiel de la jeunesse est bien constitué par les puissantes ruptures qui possèdent la somme des surprises, des aléas et, pourtant, comme un système de folle imprévisibilité ?

 

            Mais quand on essaie de lier la vieillesse à la folie, il est difficile de jouer avec le lumineux, les forces vives, lumineuses ou non. On sombre alors dans le contexte de la mauvaise dislocation, de la fange, du marécage et des mauvais déchets de fin d’un monde laminé et putrescent.

 

            Si le jeune fou conserve le vif-argent de l’explosion, le vieux fou fait plus que radoter ; ses odeurs, ses puanteurs possèdent, oui, ce ralenti indécrottable, cette lourdeur d’abaissement et d’horreurs loin du volatile et de la légèreté perçante. Au royaume de la viscosité, la folie ridée et déspatialisée n’a pas la cote.

 

            Dans la mauvaise folie des vieux, on travaille ainsi la sale étiquette de la « démence sénile ». Quand la folie a du plomb dans l’aile, se paralyse, elle appartient alors aux stratégies non autonomes de la psychiatrie lourde dont le rôle, entre autres, est de neutraliser les tentations, de faire voltiger les concepts et les rêveries de libertés profondes et d’assurer le parking, plus ou moins aseptisé, d’une humanité dégradée, « naturelle », apparemment peu propice à la sophistication culturelle. Ainsi s’institue la « démence » dont le sémantisme est fait pour décourager les illusions et les bonnes volontés humanistes.

 

            Ajoutez à la démence les prétendues sombres images de la vieillesse, et cette démence, trou noir sentant de toute évidence le vieux, périclite dans les consciences et les inconscients « populaires ». Double hypothèque où vont se consolider, pour faire bloc et concentrer la viscosité de la peur populaire, les rigides négativités de la vieillarderie et de la folie déchue.

 

            Sans doute existe-t-il des stratégies d’apprivoisement, à grand renfort de gérontologues, de gériatres, d’associations familiales et de médias « familialisés » pour faire apparaître le nouveau produit de la vieillesse carrément dégradée. Certes, nous sommes loin de la facilité avec laquelle s’est instituée la planète du troisième âge favorisée, consommant du jogging, des pratiques corporelles gymniques ou bioénergétiques, du tourisme planétaire et des leurres d’université pour sénescents conservant leur tête. C’est ainsi qu’est apparue sur le marché la « maladie d’Alzheimer » pour ceux qui perdent leur tête et qui se trouveront aux prises, et sévèrement comme on dit médicalement, avec les trous, dissociations de mémoire et de l’activité intellectuelle.

 

            Dans la perspective du massif vieillissement de la population européenne, de la prolongation de la vie humaine dans nos sociétés, les « Alzheimer » (du nom du médecin allemand qui, en 1906, commença à décrire cette présénescence et sénescence mentale) seront donc parmi nous. Dans la mesure où 5 à 6 % de la population après 60 ans et 20 % après 80 ans seront des Alzheimer, et où il n’y a pas, dans l’état actuel de nos connaissances, de thérapeutiques médicales efficaces contre cette maladie, un nouveau paquet de relations sera sans doute à construire pour traiter autrement, sans complaisance ni démagogie, et positivement ceux qui ont été tangentés dans les réserves de la « démence sénile » et du gâtisme.

 

            Ne doutons plus alors que le véritable problème sera poétique et culturel. De même qu’on essaie de produire et de valoriser, moyennant des manipulations adaptées, une culture jeune, une culture Rock, sans grande rigueur, en se laissant aller à une parole d’amalgame nourrie par un populisme anthropologique justifiant un marché à conquérir, de même, il faudra bien renverser les paradigmes, ou du moins équilibrer les représentations à propos des humanités montantes et descendantes.

 

            Et même si certains gérontologues et gériatres insistent sur la non-communication, discommunication apparente des Alzheimer, sur leur narcissisme, leur autisme mâtiné de schizophrénie…, et « catastrophisent » en ne voyant dans leurs déambulations que des   mouvements aléatoires proches des mouvements browniens, l’étude des langages, sous-langages, spatialisation/déspatialisation des Alzheimer, aux divers stades de la dégradation mnémonique, intellectuelle, cérébrale et physique n’en est encore qu’à l’enfance.

 

            Par contre, tenter de rejoindre l’espace de mon enfance, aller par exemple vers ses grands-parents en animant des suites d’actes, des dérives imaginaires (qui se concrétisent dans un lieu quelconque), par ce thème des retrouvailles disjoindre des espaces où les plus immédiats sont à leur tour clivés, surclivés, des temporalités qui échangent leur sens et leurs contradictions, ces mouvements s’inscrivent bien dans une démarche cohérente de quête qui a ses lettres de « noblesse » et ses épreuves.

 

            Il faudra bien suivre de près ces langages-là qui se cloisonnent, se bloquent, interfèrent, « bavent » les uns sur les autres, flottant au milieu de flux et de fragments d’espaces, des cacades temporelles qui mixent leurs contenus; étudier et pratiquer leurs effets de sens et d’action, si l’on veut non seulement « humaniser » nos rapports avec une vieillesse dite dégradée dont la « sagesse » est faite de dissémination, mais aussi apercevoir les linéaments d’une connaissance qui ne triche pas avec la complexité de la réalité, et assumer ces enjeux de culture. Quand une certaine « modernité » conduit à parquer et à   mettre au tapis ces « vieux fous » dépendants, quand chez certains le penchant de barbarie semble aller de soi, on est amené à exagérer le côté « immobile » des Alzheimer en voyant en eux des « cactus » et des « cloportes » comme si on leur interdisait une quête à la Kafka.

 

            Je me souviens ainsi d’une longue conversation que j’eu avec le professeur R. Hugonot (12 septembre 1986) dirigeant les services de gérontologie de Grenoble.

 

            J’essayais d’introduire le problème de la perte des repères spatiaux et les écheveaux, nœuds de la déspatiallisation comme un « surplus de sens » nous obligeant à augmenter notre compétence pluriplanaire du sens et des actions.

 

            Quand les Alzheimer se perdent dans la ville, ils éprouvent une « angoisse épouvantable » assurait R. Hugonot. « Comme si nous-mêmes, ajouta R. Hugonot, nous nous trouvions — ça nous arrive en rêve parfois — dans une ville inconnue, en nous disant: ‘Qu’est-ce que je fais là, c’est pas là où je voulais aller !’, et en ne sachant même pas le nom de cette ville. Comme si on ne savait rien… C’est un peu comme un film fantastique. On croirait un roman de Kafka… !  « La maladie d’Alzheimer, c’est kafkaien !’ ».

 

            Comment savoir si les Alzheimer sont massivement des arpenteurs entraînés à l’évidence à la quête sans fin d’un « objet », d’un être en fuite ou s’ils sont ces cancrelats appelés à être écrasés ? Mais quel Kafka ? Celui du « Château » ? Celui de la « Métamorphose » ? Notre gérontologue semble avoir plus fantasmé autour de la « métamorphose » schématisée que sur la quête spirituelle du « Château ».

 

            « On devient un cloporte… C’est vraiment la maladie qui rend l’être le plus végétatif possible. Les gens ne sont plus que des cactus, des cactus qui sont arrosés par les autres mais qui sont aussi difficiles à maîtriser ou à aimer qu’un cactus ! Il arrive une limite à la tolérance. Le nombre de familles qui sont à bout, qui n’en peuvent plus, qui viennent pleurer chez nous en disant ’On n’en peut plus !’ augmente sans cesse. L’individu qui est atteint de cette maladie finit par détruire la famille. Il devient pathogène pour sa famille et, en revanche, sa famille devient pathogène pour lui... »

 

            Cloporte. Cactus. Ces métaphores dérisoires, certes apparues dans le feu d’une conversation informelle, en disent long sur l’imagerie populaire, dans nos sociétés, autour de l’immobilité, de la passivité, de l’inutilité des vieilles et des vieux atteints de gâtisme. Tous ceux qui s’occupent des anciens dans un état de dépendance, des plus modestes agents de l’aide aux vieillards qui ont perdu la tête, aux gérontologues et gériatres distingués essayant de légitimer leurs domaines scientifiquement, techniquement, médicalement, socialement, tous émettent, comme en chœur, des signaux de détresse quasi institutionnels. Comme s’il y avait une impuissance irréductible à dépasser un pauvre constat. Les Alzheimer sont destructeurs du tissu social puisqu’ils menacent de l’intérieur le bien-être et l’intégrité de la famille, composant de base, cellule, de la société.

 

            Peut-être pourrait-on en dire tout autant des enfants piailleurs, malades ou non, de tous les humains agressifs ou mal perçus pouvant aigrir par leur seule présence les groupes familiaux les plus soudés.

 

            Quelle est la réponse adéquate ? On comprend qu’elle dépasse les propositions des gérontologues et des gériatres quand ceux-ci, de guerre lasse, préconisent des petites unités de vie avec, comme on le dit pompeusement, des « surfaces de déambulation » de 600m2 pour laisser « libres » nos Alzheimer. Entre Alzheimer, on se comprend !

 

            Le véritable problème est sans doute d’améliorer nos déambulations propres quand on aborde les terres d’exil des Alzheimer, de garder le contact avec les Alzheimer qui ensablent nos vies et déclenchent des surprises, des fractures qui engagent des jeux de langage, des  silences accompagnés de tripotages infinis d’objets, de papiers, de miettes, d’associations incongrues de choses et de « petits bouts » de je ne sais quoi, autant d’actes poétiques  brouillant les pistes habituelles.

            

Ainsi, les langages de ceux qui émiettent leur monde et tendent à termiter nos déambulations codées, qui collectionnent précisément des bouts de ficelle pour attacher, envelopper A dans B dans C, C dans D, jusqu’à plus soif… font jouer toutes sortes de microchaos stimulateurs d’événements, leurres et lueurs. Aussi serons-nous appelés à mieux lire la nouvelle « La Ficelle » de Guy de Maupassant.

 

            Le saviez-vous ? Maître Hauchecorne se baisse pour ramasser sur la route un petit bout de ficelle. Vu par un vague ennemi, il s’efforce de cacher assez maladroitement ce geste de « Normand » qui pense que « tout est bon à ramasser qui peut servir ».

 

            Comme, sur les entrefaites, un portefeuille a été perdu, on aura donc aperçu Maître Hauchecorne en train de ramasser le portefeuille.

 

            Bien que le portefeuille soit retrouvé, Maître Hauchecorne ne parviendra jamais à se disculper, malgré tous ses efforts pour affronter la « menterie » calomnieuse par des récits de« bouts de ficelle » de plus en plus détaillés. Il en mourra.    

 

            Une vue sémiotique superficielle consistera à voir dans le geste de Hauchecorne un cas particulier d’un programme de base qui est celui du Normand avaricieux et pragmatique.

 

            Mais un bout de ficelle, ça sert à quoi ? Un petit bout de ficelle dans la crotte, par ailleurs, précisément dans le merdier mental dans lequel Maître Hauchecorne se trouve, ça prend un tout autre sens que dans un système d’économie normande fonctionnant à l’avarice et par toutes ces vertus qui encouragent et consolident la capitalisation (bout de ficelle=   portefeuille… Le texte même de la nouvelle « La Ficelle » de Maupassant).

 

            Sur la « surface de déambulation » de la place de Goderville, Maître Hauchecorne s’initie à la poétique de l’Alzheimer en traquant du déchet, de la miette, du petit bout, un petit bout de ficelle en l’occurrence. Corde et crotte.

 

            « Il m’a vu ramasser c’te ficelle-là, tenez, m’sieu le Maire ». Et, fouillant au fond de sa poche, il en retira le petit bout de corde. Mais le maire, incrédule, remuait la tête. « Vous ne me ferez pas croire, Maître Haucecorne, que M. Malandain, qui est un homme digne de foi, a pris ce fil pour un portefeuille ».

 

            Nous avions tous une vue imprenable sur la superbe surface de déambulation normando-grenobloise. 40 Alzheimer entraînés qui sentaient l’étable, le lait, le fumier, le foin et la sueur dégageaient des touffes de saveurs aigres d’urine et d’excréments blêmes, affreuse senteur humaine et bestiale particulière aux Alzheimer (?).

 

            Nous fouillâmes dans nos poches. Des miettes, des grains de riz pour les oiseaux, des tresses, des nœuds, des échantillons de papier hygiénique rose, trois morceaux de sucre à demi fondus.

 

            Nous finîmes par découvrir le peloton de bouts de fils rognés, rongés, ceux de tous les éclats, bave de mots à fileter encore plus, qui cahotaient dans l’histoire de la ficelle d’Alzheimer.

 

Jean CROCQ

 

23 mars 2011

RELIGION DISCRETION

 

RELIGION

DISCRETION

 

                        Comment se présente le problème du « respect des croyances religieuses » ?

 

                        Cette expression est l’une de celles maniées par tout discours religieux tenant à s’appuyer sur des a-priori dits humanitaires, humanistoïdes, qui semblent faits pour désarmer ceux  dont la démarche se propose de traiter radicalement la présence du religieux, qu’elles qu’en soient les formes. Comment « maltraiter » le « religieux » quand il paraît faire partie des libertés dites « profondes » qui s’appuient sur la transcendance « divine » comme telles, ou qui fassent semblant de flotter vigoureusement et « humainement » comme « religions sans Dieu » avec tous ces artifices de prétendues « sorties » religieuses de religions comme on peut le voir chez un Eugen Drewermann, un Marcel Gaucher parmi d’autres, avec ces garnitures de révolte moyennement codées pour aboutir à une sorte de christianisme « éclairé », humaniste soft,, œcuménique, recyclant les « Lumières » au nom des « libertés individuelles » fines et analytiques. Alors, quelles sont les pistes, les nouvelles pistes ?

 

1)           Laisser les choses en l’état et se laisser « museler » par une phraséologie de la tolérance, de la compréhension des libertés de « l’autre », des « différences » enrichissantes, qui joue la carte des humanismes christianisés, ou se contenter, dans le meilleur des cas, de proférer les airs institutionnels de la séparation de l’Eglise et de l’Etat quand on sait, par principe et par usage, que cette séparation-là profite plus à la dynamique d’expansion et d’influence de l’institution religieuse – structures ecclésiastiques hiérarchiques ou populaires.

 

Sans doute y a-t-il des nuancements à produire mais les stratégies de fond ne changent guère, qui profitent plus

- à la libre expansion des institutions religieuses dont les logistiques ont fait leurs preuves depuis des siècles dans leur capacité d’initiative de pression et d’influence pour lever toutes sortes de barrières immunitaires, dans les milieux sociopolitiques les plus variés comme les plus résistants.

- à tous les sites religieux qu’à un Etat laïque, critique de la force nue comme de la force légitime et qui possède certaines faiblesses dans le maniement des substances de l’imaginaire et du symbolique à retombées populaires. Et peut-être y a-t-il toujours eu comme une mauvaise conscience dans la dynamique d’un Etat laïque ? Ainsi, dans ce contexte facilitant, se sont intensifiées, compacifiées, ramifiées, la présence et la puissance du religieux sous prétexte de liberté d’expression, de liberté religieuse, de la puissance prosélytique ou non de tout système religieux toujours lié aux lourds et subtils pouvoirs de l’Economie d’influence.

 

2)           Le respect des croyances religieuses ? C’est-à-dire d’abord les tenir en respect… Le reste me paraît naïveté et rhétorique… En effet, à partir du moment où la croyance religieuse est conçue comme une force, comme une force sociale et politique, dont l’autonomie est mythifiée, et dont l’aspect « filtrant » est dans la structure même, la relation à cette force et à ses modalités, implique d’emblée un rapport de forces irréductible, quelles que soient les modalités de manifestation, d’expression de ces croyances.

 

Si l’on appelle « laïcité » ce champ critique à l’égard des divers aspects du religieux, avec ou sans marque de présence familière, on comprendra que nous concevons la « laïcité » comme la mise en place d’une force, d’un réseau organisationnel souple et permanent capable de faire refluer la religion vers des territoires modestes et plus intimes, s’il est vrai que le religieux est d’abord une affaire de « croyance, de conscience ».  Cette mise en « croyance », en « conscience » du phénomène religieux, en avant-scène, fait partie de ces stratégies pour « faire passer » les discours de « respect ». Ces discours de convenance masquant des forces religieuses réelles sont efficaces pour gagner, neutraliser, les publics de bonne volonté et passablement « pieux » qui sont ceux des « humanismes » sous l’influence des éthiques religieuses, ou voire se présentant eux-mêmes comme « laïques » non confessionnels.

 

C’est en particulier en inversant cette dynamique du  respect, en déverrouillant l’espace « à respecter » du religieux, systématiquement, sans préjugés. Respecter quoi ?  Tous ces mécanismes d’influence, lourdement marqués ou sans marques religieuses comme telles dans les réseaux desquels se love le religieux.

 

A travers la connaissance des sémantiques paroissiaux, locaux, « respect apparent des petites unités », respect des cultes, des communautés dites de vie, amplifiées par l’invasion médiatique conduite par des porte-paroles entraînés, se constitue la force antireligieuse échappant à la naïveté du respect du religieux.

 

La discrétion ? Que faut-il pour que l’espace de pénétration et de diffusion du religieux s’inverse, pour que, sous prétexte de « culture de cultes » à respecter, de communautés à prendre en compte, on mette à distance la boulimie religieuse ? Une fort difficile affaire de « discrétion » qui doit pouvoir être imposée.

 

Constatons la lourde occupation de l’espace public par des manifestations cultuelles dont certaines prennent une signification politique indéniable : le fait d’être croyant dans un champ religieux implique de plus en plus de comportements d’allégeance. Car il ne s’agit plus du respect du supposé acte de croire individuel dont l’autonomie caractériserait ce qu’il y aurait de meilleur dans chaque individu comme détaché. L’acte de croire religiosisé est rendu possible est rendu possible par des séries de langages, de textes dits « fondateurs » qui débordent de part en part la vie individuelle. La défense de la croyance, du croyant, à respecter ?

 

Quand il n’y a pas, dans la structure même des tensions principales de la vie individuelle, dans le divers menu des « convictions », cet irrespect nucléaire contre les ensablements de toute croyance, principalement de la religieuse, il n’y a pas ce risque de l’abandon à la fascination des obéissances, au goût de la loi et du punir aux empâtements d’existence dans les jeux d’appartenance communautaire.  

 

Et n’y a-t-il pas dans la résultante de ces actes de croire, apparemment à dominante individuelle, la présence envahissante d’un espace cultuel englobant mordant de plus en plus sur un espace public de moins en moins discret ?

 

Paris : 01 48 56 89 23                                                                    Normandie : 02 31 63 05 05

 

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